Quelle ambition pour JPJG ?
Quelqu'un m'a récemment fait une remarque après avoir pris le temps de parcourir le Journal JPJG.
Il m'a dit qu'il avait compris pourquoi JPJG était née.
Il avait compris son histoire, les valeurs que j'essayais d'y mettre, le regard que je porte sur le golf et probablement aussi une partie de ce qui m'avait conduit jusqu'ici.
Puis il m'a fait remarquer qu'il lui manquait quelque chose.
L'ambition.
Où voudrais-je emmener JPJG ?
La question m'a accompagné quelque temps.
Parce que mon ambition n'est pas de voir JPJG partout.
Elle n'est pas de devenir la plus grande marque de golf possible.
Elle n'est certainement pas non plus de fabriquer des choses extravagantes pour que l'on remarque celui ou celle qui les porte.
J'aime le beau.
Mais j'aime le beau lorsqu'il n'a pas besoin de crier.
Alors, si je devais aujourd'hui raconter mon ambition pour JPJG, je commencerais probablement par un fil.
Partir d'Ardèche et regarder le monde
JPJG est née en Ardèche.
Un territoire auquel je suis attaché et qui possède notamment une extraordinaire histoire autour de la soie.
Mais mon regard ne s'est pas construit uniquement ici.
J'ai eu la chance, au cours de ma vie, de voyager un peu partout, de travailler à l'international et de découvrir des cultures très différentes.
Ces voyages m'ont probablement davantage appris à regarder qu'à comparer.
Ils m'ont appris qu'il existe mille façons de faire beau.
Que derrière une matière, un vêtement, un objet ou un geste que nous trouvons beau se cachent souvent un territoire, une histoire, des femmes et des hommes, parfois plusieurs générations de savoir-faire.
Ils m'ont surtout appris combien aller vers l'autre pouvait modifier notre propre regard.
C'est quelque chose que j'aimerais retrouver dans JPJG.
Une Maison profondément attachée à son Ardèche natale, mais curieuse du monde.
Une Maison qui ne considère pas ses racines comme des frontières.
Les fils du monde
L'Ardèche possède son histoire de la soie.
Le Japon possède des traditions textiles fascinantes.
L'Iran porte des siècles de savoir-faire autour des fibres, des couleurs et des motifs.
L'Écosse raconte encore une autre histoire, notamment à travers ses laines.
Et il y en a tant d'autres.
Je rêve qu'un jour JPJG puisse partir à la rencontre de ces histoires.
Pas pour se les approprier.
Et certainement pas pour prendre un savoir-faire quelque part dans le monde, lui apposer un logo et construire ensuite une belle histoire autour.
Ce serait exactement le contraire de ce que je voudrais faire.
J'aimerais rencontrer.
Comprendre.
Écouter.
Puis, lorsque cela a du sens, créer ensemble.
Faire dialoguer une tradition avec une autre.
Un territoire avec un autre.
Des personnes qui ne se seraient peut-être jamais rencontrées.
Et imaginer comment tout cela pourrait trouver sa place dans l'univers de JPJG.
C'est une ambition qui me paraît aujourd'hui immense pour une toute petite Maison ardéchoise.
Mais les ambitions n'ont peut-être pas besoin d'être immédiatement à notre portée.
J'aimerais qu'un jour JPJG puisse proposer ce que j'appelle déjà, dans un coin de ma tête :
Les Fils du Monde.
Des pièces qui raconteraient une rencontre entre des matières, des savoir-faire, des territoires et des personnes.
Des pièces belles, je l'espère.
Mais jamais ostentatoires.
Parce que voyager m'a aussi appris quelque chose que j'aimerais conserver dans JPJG :
on peut être profondément attaché à l'endroit d'où l'on vient tout en restant infiniment curieux de ce qui vient d'ailleurs.
Mais les fils relient aussi les hommes
Je crois que mon ambition pour JPJG ne s'arrête pas aux matières.
Parce qu'en découvrant progressivement le monde du golf, j'en découvre aussi les personnes.
Celles que l'on voit.
Et surtout celles que l'on voit moins.
Un beau parcours n'existe pas tout seul.
Quelqu'un s'est levé très tôt pour le préparer.
Quelqu'un entretient les greens.
Quelqu'un accueille.
Quelqu'un enseigne.
Quelqu'un organise.
Quelqu'un donne bénévolement de son temps.
Et derrière ces personnes, il y en a souvent encore d'autres.
Je trouve important de les regarder.
Pas pour transformer JPJG en porte-parole de grandes causes.
Simplement parce que la reconnaissance fait partie de la manière dont j'aimerais que cette Maison regarde le monde.
Notre devise, « La noblesse de l'engagement », n'a de sens que si nous sommes capables de reconnaître cet engagement lorsqu'il ne se trouve pas sous les projecteurs.
Prendre du temps pour soi
Et puis il y a celui ou celle qui joue.
Car derrière la plaisanterie qui a donné son nom à cette Maison se cache peut-être quelque chose d'un peu plus profond que je ne l'imaginais au départ.
Je Peux Pas, J'ai Golf.
C'est léger.
C'est une excuse que l'on lance avec un sourire.
Et je tiens énormément à cette légèreté.
Le golf reste un jeu.
Une petite balle que l'on essaie désespérément de mettre dans un trou beaucoup trop éloigné.
Mais « Je Peux Pas, J'ai Golf » dit aussi autre chose :
cette fois, je prends du temps pour moi.
Et je crois que nous avons parfois besoin de nous donner cette permission.
Quelques heures pour marcher.
Regarder.
Respirer.
Jouer.
Rire.
Rater.
Recommencer.
Être ailleurs.
Prendre du temps pour soi n'est pas nécessairement tourner le dos aux autres.
Cela peut simplement être reconnaître que nous avons, nous aussi, besoin de moments qui nous appartiennent.
Porter un merci
Alors, qu'aimerais-je qu'exprime un jour le fait de porter JPJG ?
Certainement pas :
« Regardez la marque que je porte. »
Encore moins :
« Regardez les valeurs que je défends. »
J'aimerais quelque chose de beaucoup plus discret.
Un merci.
Merci à soi-même, d'avoir accepté de s'accorder ce temps.
Merci à ceux qui nous entourent et qui permettent parfois que ces quelques heures existent.
Merci à ceux que l'on ne voit pas, mais dont le travail, l'attention ou l'engagement rendent possible le moment que nous sommes en train de vivre.
J'aime cette idée qu'une casquette, un polo ou une autre pièce JPJG puisse porter tout cela sans avoir besoin de l'écrire dessus.
Simplement parce que la Maison qui l'a imaginée a choisi de regarder les choses ainsi.
Évidemment, une marque de vêtements ne changera pas le monde.
Et JPJG non plus.
Mais à son niveau, une Maison peut choisir ce qu'elle regarde.
Elle peut choisir les histoires qu'elle raconte.
Elle peut choisir les personnes auxquelles elle prête attention.
Elle peut choisir comment et avec qui elle fabrique.
Et elle peut essayer de rappeler certaines choses que nous oublions parfois.
Apporter un autre regard sur le golf
Je ne veux pas non plus que JPJG devienne terriblement sérieuse.
Ce serait probablement la meilleure manière de trahir son nom.
J'aimerais qu'elle conserve cette capacité à regarder le golf avec respect, mais aussi avec un peu de distance.
Avec de l'élégance, mais sans posture.
Avec de belles choses, mais sans ostentation.
Avec des convictions, mais sans donner de leçons.
Et surtout avec de l'humour.
Parce que l'on peut admirer les traditions d'un sport sans être prisonnier de ses conventions.
On peut respecter profondément ceux qui le font vivre tout en souriant de nos propres travers de golfeurs.
On peut aimer le beau sans vouloir être « m'as-tu-vu ».
On peut prendre les choses au sérieux sans toujours se prendre soi-même au sérieux.
C'est probablement cet équilibre que j'aimerais trouver avec JPJG.
Alors, quelle est mon ambition ?
Elle est finalement beaucoup plus grande que ce que j'avais imaginé lorsque JPJG est née.
Et certainement beaucoup plus grande que JPJG aujourd'hui.
J'aimerais créer de belles pièces sans chercher l'ostentation.
J'aimerais qu'un jour la Maison puisse faire se rencontrer des fils, des matières et des savoir-faire venus de différents endroits du monde.
J'aimerais honorer ceux qui les perpétuent plutôt que simplement utiliser leur histoire.
J'aimerais que JPJG reste profondément ardéchoise tout en étant profondément ouverte au monde et aux autres.
J'aimerais apporter un regard un peu différent sur le golf et sur tous ceux qui le font vivre.
J'aimerais rappeler, avec légèreté, qu'il est important de savoir prendre du temps pour soi.
Et j'aimerais que porter JPJG puisse être, d'une certaine façon, un merci.
Un merci que l'on s'adresse à soi-même.
Et un merci adressé à tous ceux qui rendent ces moments possibles.
Je ne sais pas si JPJG deviendra un jour tout cela.
Aujourd'hui, nous en sommes encore aux premiers pas.
Mais je sais désormais dans quelle direction j'aimerais avancer.
Relier des fils.
Relier des histoires.
Relier des savoir-faire.
Et peut-être, à notre toute petite échelle, relier un peu les gens.
C'est sans doute cela, l'ambition de JPJG.
Et faire tout cela avec suffisamment de sérieux pour respecter ce qui mérite de l'être.
Mais suffisamment de légèreté pour continuer à dire, de temps en temps :
Je Peux Pas, J'ai Golf.